Quand vous ne voulez rien manquer

Le problème avec les cocktails !

La légende veut que la première soirée cocktail ait été lancée par Mme Julius S. Walsh Jr. de St. Louis, Missouri, États-Unis en mai 1917. Mme Walsh avait invité chez elle une cinquantaine de personnes pendant une heure, un dimanche midi. « La fête a connu un succès instantané », a annoncé le journal St. Paul Pioneer, en ajoutant que le cocktail était devenu en quelques semaines « une institution de Saint Louis ».

En 1953, le scientifique cognitif britannique Colin Cherry a inventé le terme « problème du cocktail ». Par ces mots, il décrivait ainsi la difficulté que les contrôleurs aériens avaient à comprendre une seule voix lorsque de nombreux pilotes étaient diffusés sur un même haut-parleur, dans les tours de contrôle des aéroports.

Cherry était un pionnier dans le domaine de l’attention auditive, en étudiant spécifiquement notre capacité à nous concentrer sur l’écoute d’une conversation, alors que beaucoup d’autres échanges se déroulent en même temps.

Écoute Ciblée – de quoi s’agit-il ?

Notre capacité à nous concentrer sur une conversation précise, parmi beaucoup d’autres, implique plusieurs processus interconnectés. Il faut

1. une identification des attributs physiques de sources sonores distinctes et la sélection d’une seule d’entre elles,

2. tout en repoussant tous les autres bruits en arrière-plan.

Généralement, notre cerveau fait un travail remarquable en combinant des informations multi-sensorielles et des capacités cognitives.
Par exemple, nous pouvons relier différents lieux spatiaux à des voix particulières, mais aussi identifier automatiquement le sexe, la hauteur, la vitesse de la parole, l’information visuelle, la familiarité du sujet et la connaissance et la maîtrise de la langue.

Résoudre le « problème du cocktail » est l’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les fournisseurs de dispositifs d’amplification sonore, par exemple d’appareils auditifs ou d’implants cochléaires.

Tenir une conversation malgré un simple bruit de fond, comme la climatisation ou une cafetière, peut être problématique. Cependant, cela peut être réalisé avec des aides auditives, qui utilisent des algorithmes de réduction du bruit pour améliorer le rapport signal/bruit (SNR).

Essayer d’entendre quelqu’un en dépit de conversations simultanées en arrière-plan est beaucoup plus difficile en raison de ce que nous appelons le « masquage d’information ». Le composant significatif d’un discours le rend beaucoup plus difficile à ignorer que le bruit de fond sans signification.

Pourquoi ? Parce que ce bruit de fond que nous essayons de bloquer pourrait être plus fort, physiquement plus proche et surtout plus accrocheur que la conversation que nous sommes en train d’avoir. Combien de fois avons-nous été en pleine conversation avant d’être interrompu par quelqu’un qui prononce notre nom ou en entendant un enfant pleurer ?

Prenons les cocktails comme une métaphore pour tous les environnements dans lesquels plusieurs conversations sont tenues en même temps. Ces situations sont difficiles pour tout le monde. Se concentrer sur un interlocuteur parmi tant d’autres est une tâche compliquée qui nécessite des capacités auditives et cognitives sophistiquées.

Pour de nombreuses personnes, et notamment celles qui souffrent de déficience auditive, cette tâche déjà difficile devient complexe. Ces personnes doivent faire face à toute une gamme de défis sensoriels et/ou cognitifs. Ces facteurs en question influencent le traitement de la parole, en plus des difficultés de masquage informatif inhérentes aux environnements de cocktail. Nous parlerons davantage de ces personnes – et de leur manière de faire face à des situations bruyantes – dans les prochains blogs.

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